Les articles du journal l'Union relatifs au verdict :
1-)
Procès des émeutiers / Prison ferme pour 9 Vitryats
Hier, des peines de prison allant de 3 mois avec sursis à 5 ans ont été prononcées à l’encontre de 16 prévenus ayant participé aux émeutes de Vitry. Un procès qui
s’est déroulé sans débordements.
À l’issue de trois jours d’un procès-fleuve, hier, le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a rendu son jugement dans le dossier des émeutes de
Vitry-le-François perpétrées au cours de la nuit du 14 au 15 juin 2008. Sur 18 prévenus, 9 d’entre eux écopent de peines d’emprisonnement ferme.Fidèles à leur conduite tout au long de ce procès,
les proches des prévenus ont accueilli ce jugement dans le plus grand calme. Des prévenus, âgés de 19 à 33 ans qui devaient répondre de participation avec arme à un attroupement, de destruction
de biens en réunion ainsi que de violences volontaires.
Détenus depuis octobre 2008, les frères Lucien et Jérémy Walraevens, Najim Amghar, Fouad Boussaoui, Hicham Khenfer, Zahi Bensbaa et Tafik Abaidia sont maintenus en détention. Ils ont été
condamnés respectivement à 2 ans dont un avec sursis et à 5 ans, dont 18 mois avec sursis. Ce dernier, plus lourdement condamné, a été considéré par le tribunal comme l’un des meneurs de ces
violences urbaines.
Un mandat de dépôt
Absent dès le début de ce procès, comme quatre autres prévenus, Sofiane Ourbal écope d’une peine de 3 ans d’emprisonnement dont 1 avec sursis. Le tribunal a délivré un mandat d’arrêt à son encontre.
Le seul et unique mandat de dépôt a été requis à l’encontre de Mohammed Cherif Khoualdia. Le Vitryat, âgé de 25 ans qui n’avait jamais été placé en détention provisoire dans ce dossier, se voit condamné à 3 ans de prison assortis de 18 mois avec sursis. À l’annonce du jugement, le Vitryat a véritablement accusé le coup alors que sa compagne et sa famille se trouvaient dans la salle. « Il a
véritablement découvert à l’audience ce qu’on lui reprochait », assure Me Bayer, son avocat. Pour l’avocate rémoise, « c’est clair, au niveau des responsabilités de
chacun, on n’est pas rentré dans le détail, contrairement aux peines infligées ».
Me Bonnerot, qui défendait les intérêts de trois des 18 prévenus se déclare « scandalisée », même si l’un de ses clients se trouve parmi les deux prévenus relaxés par le tribunal.
200 000 euros pour une palette brûlée
« Jérémy Walraevens paye pour les personnes qui n’ont jamais été inquiétées », lâche la juriste. « Rien n’indique dans ce dossier qu’il était présent à Vitry
Habitat ou à la gare. Il a juste admis avoir brûlé une palette au milieu d’un terrain vague.» Le jeune homme âgé de 19 ans s’était vanté, le lendemain des faits, d’avoir incendié un appartement,
ce qui n’a jamais été le cas. « On lui réclame une indemnisation de près de 200 000 euros pour une palette brûlée… » Virginie Bonnerot envisage sérieusement de faire appel de la condamnation.
Elle représentait également une jeune fille de 19 ans, à qui on reprochait des violences volontaires. « Elle vient d’être condamnée à 10 mois avec sursis. Les « cagoulés » n’étaient pas présents
à la barre car pas identifiés. On fait payer à ma cliente, qui a toujours admis les faits, leur absence.»
À Vitry-le-François, les quartiers n’ont eu à subir aucun débordement, à l’image de ce procès. La cité rose vient hier, de tourner la page de ces violences
urbaines.
Corinne LANGE
2-)
La vente et le transport de carburant au détail interdits
En marge de ce procès, Gérard Moisselin, préfet de la Marne a pris un arrêté en date du 1er juillet, réglementant temporairement la vente de carburant au détail
dans les communes de Viry-le-François, Frignicourt et Marolles.
« Considérant les violences urbaines survenues à Vitry-le-François dans la nuit du 14 au 15 juin 2008 dont les auteurs présumés sont actuellement jugés devant le tribunal correctionnel de
Châlons-en-Champagne.
Considérant les risques de troubles à l'ordre public qui pourraient survenir à la suite du jugement.
Considérant que pour prévenir tout nouvel incident ou trouble à l'ordre public occasionné par l'utilisation de carburants, il convient d'en réglementer la vente au détail sur le territoire des
communes de Vitry-le-François, Frignicourt et Marolles.
Art 1er : La vente de carburants au détail dans tout récipient transportable est interdite, sauf dérogation (à Vitry, Frignicourt, Marolles) à compter de la publication du présent arrêté et
jusqu'au 14 juillet 2009 inclus.
Art 2 : Le transport de carburant dans tout récipient tel que bidon ou jerricane est interdit, sauf dérogation […] jusqu'au 14 juillet 2009 inclus. »
3-)
Les pompiers doublement victimes
Dans ce dossier, le Service départemental d’incendie et de secours de la Marne s’était porté partie civile, tout comme le sapeur-pompier vitryat, victime de violences volontaires pour qui Me
Cornu avait d’ailleurs réclamé 5.000 euros de dommages et intérêts. Hier, le tribunal a débouté la partie civile de sa demande, déclenchant une réaction virulente de l’avocate rémoise. « C’est
véritablement scandaleux ! », s’insurge Me Cornu. « Cette mesure est le résultat d’une procédure bâclée. Aujourd’hui, les pompiers sont doublement victimes : physiquement le 14 juin 2008 et
psychologiquement ce matin. Il ne faudra pas chercher plus loin, si un jour les pompiers refusent d’intervenir lorsqu’ils sentiront un danger… ».
Si Charles de Courson, député de la Marne « se félicite, qu’après 12 mois d’attente, les auteurs des émeutes et des agressions de juin 2008 à Vitry-le-François, qui avaient entre autre agressé
des pompiers et des représentants des forces de l’ordre, aient enfin été sanctionnés de façon significative », il regrette cependant que « les préjudices physiques et matériels subits par les
pompiers et les gendarmes
En tant que président du Sdis ce dernier trouve en effet « inadmissible que l’on puisse s’en prendre aux pompiers dont le seul intérêt à agir demeure l’aide et le secours des populations ».
Me Cornu, avocat du Sdis et du pompier blessé : « Même si je m’y attendais, la décision du tribunal m’a déçue ».
3-)
Le sous-préfet de Vitry : « C'était un jugement très attendu »
À l'annonce du jugement, les réactions ne se sont pas fait attendre, notamment celle de Raymond Floc'h, le sous-préfet de Vitry-le-François. « C'était un jugement
très attendu », souligne le représentant de l'État. « On ôte une fois pour toutes l'envie à certains de réitérer tels débordements. Rien ne justifiait que l'on saccage la gare, entre autre. Il
nous faut marteler encore et toujours que la manifestation de tels faits est proprement intolérable ». Il rappelle d'ailleurs que « la population vitryate a fortement été marquée par ces
événements ». Revenant sur le procès, Raymond Floc'h assure que « les personnes impliquées ont eu droit à un procès équitable » et que « les débats se sont déroulés de façon sereine. Ce jour, la
Justice a parlé. Les 16 prévenus écopent de peines qui sont à la hauteur des violences exercées. Vitry-le-François peut désormais tourner la page. N'oublions pas que Vitry est une ville où il
fait bon vivre et travailler ».
Interrogé sur des possibles débordements en soirée ou au cours de la nuit de jeudi à vendredi, le sous-préfet se déclarait « serein » tout en restant «vigilant ».
C.L.
Voilà la conclusion provisoire de ce procès, les prévenu(e)s pouvant encore faire appel.
Nous concernant plus particulièrement, même si quelques démarches restent à faire, nous tournons une grosse page de toute cette histoire...les petites se refermeront d'elles même !
Merci à tous celles et ceux qui ont été à nos cotés durant ces 13 mois,que ce soit physiquement, et bien sur, virtuellement !




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